Actualités La but de la vie


Quel est le but de l'existence humaine d'après la foi bahá'íe ? Quelle est la véritable nature de l'homme et quel rôle la religion joue-t-elle dans son développement spirituel ? Qu'est-ce que le bien et le mal ? Quelles sont nos responsabilités envers Dieu et quel est le sens spirituel de la vie ?
De nombreuses personnes vivent sans jamais réfléchir sur la vie elle-même ou sur le sens qu'elle a pour elles. Leur vie peut être très active, ils peuvent être mariés, avoir des enfants, diriger une entreprise, devenir hommes de science ou bien musiciens sans jamais avoir le moindre degré de compréhension de la raison pour laquelle ils font ces choses. Leur vie n'a pas pour but de donner un sens à des événements séparés, et il se peut qu'ils n'aient pas d'idée précise sur leur propre nature ou identité, sur qui ils sont vraiment.

Bahá'u'lláh a enseigné que seule la vraie religion peut donner un sens à notre existence. S'il n'y avait pas de créateur, si l'homme n'était que le simple produit du hasard d'un système thermodynamique, comme beaucoup l'affirment aujourd'hui de par le monde, la vie n'aurait pas de sens. Chaque être humain représenterait l'existence temporaire et matérielle d'un animal conscient qui essaie de se mouvoir dans sa brève vie avec autant de plaisir et aussi peu de peines et de souffrances que possible.

Ce n'est que par rapport au Créateur et au but que ce Créateur a fixé pour ses créatures que l'existence humaine a un sens. Bahá'u'lláh a décrit comme suit le dessein de Dieu pour l'humanité:
au cours des premières étapes de sa vie sur terre, l'individu passe par une période d'entraînement et d'éducation qui, si elle est réussie, lui fournira les outils de base intellectuels et spirituels nécessaires pour poursuivre sa croissance. Lorsqu'une personne parvient, à l'âge adulte, à la maturité physique, elle devient responsable de ses progrès à venir qui dépendent désormais entièrement de ses propres efforts. Au travers des luttes quotidiennes de l'existence matérielle, elle approfondit progressivement sa compréhension des principes spirituels sous-tendant la réalité, et cette compréhension lui permet d'avoir de meilleurs rapports avec elle-même, avec les autres et avec Dieu. Après sa mort physique, l'individu continue à croître et à se développer dans le monde spirituel qui est plus élevé que le monde physique, de même que le monde physique est plus élevé que celui que nous connaissons dans les entrailles de notre mère.

Cette dernière affirmation est basée sur le concept bahá'í de l'âme et de la vie après la mort physique. Selon les enseignements bahá'ís, notre véritable nature est spirituelle. Par-delà le corps physique, chaque être humain possède une âme rationnelle, créée par Dieu. Cette âme est une entité immatérielle, qui ne dépend pas du corps. Mais c'est ce même corps qui lui sert de support dans le monde physique. L'âme d'un individu naît au moment de la conception du corps physique et continue d'exister après la mort de celui-ci. L'âme (aussi appelée esprit) de l'individu est le siège de sa personnalité, de son moi et de sa conscience.
L'évolution ou développement de l'âme et de ses aptitudes est le but même de l'existence humaine. Cette évolution tend vers Dieu, et sa force motrice est la connaissance de Dieu et notre amour pour Lui. Mieux nous connaissons Dieu, et plus notre amour pour Lui croît ; ce qui nous permet alors de communier plus intimement avec notre créateur. De même, en nous rapprochant de Dieu, notre caractère s'affine et nos actions reflètent de plus en plus les attributs et qualités de Dieu.

Bahá'u'lláh a enseigné que cette capacité à réfléchir les attributs de Dieu est la réalité essentielle de l'âme. C'est la signification de la création de l'espèce humaine à l'image de Dieu. Les qualités divines ne sont pas externes à l'âme. Elles sont latentes en elle, de même que la couleur, le parfum et la vitalité d'une fleur sont latents dans la graine. Tout ce dont ces qualités ont besoin est de se développer. Selon les paroles de Bahá'u'lláh :
Sur l'essentielle réalité de chaque chose créée, Il [Dieu] a répandu la lumière d'un de ses noms ; et, de chacune d'elles, Il a fait le récipiendaire de la gloire d'un de ses attributs. Mais, sur la réalité de l'homme, Il a concentré l'éclat de tous ses noms et attributs, et Il en a fait le miroir de Lui-même. Seul entre toutes choses créées, l'homme a été choisi comme objet d'une si grande faveur et permanente bonté.

Les Écrits bahá'ís font référence à l'évolution progressive ou développement de l'âme individuelle en tant que progrès spirituel. Par progrès spirituel on entend l'acquisition de l'aptitude à agir conformément à la volonté de Dieu et à exprimer les attributs et l'esprit de Dieu dans nos rapports avec nous-mêmes et avec les autres êtres humains. Bahá'u'lláh enseigne que notre seul vrai et durable bonheur repose dans la recherche de notre développement spirituel.

Bahá'u'lláh appelle chercheur une personne qui a perçu sa nature spirituelle et qui s'efforce consciemment de progresser spirituellement. Il décrit ainsi certaines des qualités du véritable chercheur :
Ce chercheur doit, à tout instant, mettre en Dieu seul toute sa confiance, renoncer aux peuples de la terre et se détacher de ce monde de poussière pour s'attacher uniquement à celui qui est le Seigneur des seigneurs. Qu'il ne s'estime jamais supérieur à qui que ce soit, qu'il efface de la tablette de son cœur toute trace d'orgueil et de vanité, qu'il pratique fermement la patience et la résignation, qu'il observe le silence et s'abstienne de tout vain bavardage. Car la langue est un feu qui couve, et l'abus de paroles est un poison mortel. Si le feu matériel consume le corps, le feu de la langue dévore à la fois le cœur et l'âme. Alors que la force du premier ne dure qu'un moment, les effets du second persistent durant un siècle.

Celui qui cherche vraiment Dieu doit aussi considérer la médisance comme une grave erreur et s'en garder à jamais, car elle étouffe le feu du cœur et éteint la vie de l'âme. Il doit se contenter de peu et s'affranchir de tout désir inconsidéré. Il doit rechercher l'amitié de ceux qui sont détachés des choses de ce monde, et considérer qu'éviter les vaniteux et les mondains est un précieux bénéfice. Qu'à l'aube de chaque jour, il communie avec Dieu et persévère de toute son âme dans la quête de son Bien-Aimé... Que ce qu'il ne désire pas pour lui-même, il ne le souhaite point aux autres, et qu'il ne promette jamais ce qu'il ne peut tenir... Qu'il pardonne au pécheur et ne méprise jamais sa condition misérable, car nul ne sait comment lui-même finira. Combien souvent il arrive qu'un pécheur atteignant, à son heure dernière, l'essence même de la foi, se décide finalement à boire à la coupe de l'immortalité et prenne son envol vers l'assemblée céleste, alors qu'un dévot croyant, à l'heure fixée pour l'ascension de son âme, tombe au contraire, à la suite d'un changement radical, dans les derniers degrés de la géhenne.

Notre intention, en révélant ces importantes et convaincantes paroles, est de persuader celui qui cherche la vérité qu'il doit tenir pour transitoires, voire pour un pur néant, toutes choses autres que Dieu, objet de toute adoration.
Ces traits constituent quelques-uns des attributs des âmes élevées et sont la marque distinctive de ceux dont l'esprit s'est porté aux choses spirituelles... Lorsque le voyageur détaché, le chercheur sincère a rempli ces conditions essentielles alors, et seulement alors, peut-on dire de lui qu'il est un vrai chercheur de la vérité.

Bahá'u'lláh a expliqué que le rôle fondamental et spirituel de la religion est de nous permettre de parvenir à une véritable compréhension de notre propre nature, de la volonté et du dessein de Dieu pour nous. Les enseignements spirituels que Dieu nous a envoyés par l'intermédiaire des messagers ou manifestations de Dieu servent à nous guider dans une meilleure compréhension de la dynamique spirituelle de la vie. Ces principes nous permettent de comprendre les lois spirituelles de l'existence. De plus, les efforts mêmes que nous devons faire pour nous conformer aux enseignements de la manifestation servent à développer notre potentiel spirituel. En nous efforçant par exemple de nous débarrasser de nos préjugés et superstitions pour mettre en pratique les enseignements de Bahá'u'lláh, il en résulte une connaissance accrue des autres êtres humains et davantage d'amour, ce qui aide à son tour l'individu à vivre sa vie plus efficacement.
Bahá'u'lláh a souligné que, sans la venue des manifestations et leur révélation des lois et enseignements de Dieu, nous ne pourrions grandir et nous développer spirituellement. Le sens spirituel de la vie nous demeurerait caché même si nous nous efforcions sincèrement de le découvrir. C'est pourquoi la religion révélée est considérée par les bahá'ís comme la clef nécessaire à une vie spirituelle réussie.
Parlant des manifestations et de leur influence sur le développement spirituel de l'humanité, Bahá'u'lláh nous dit :
Par les enseignements de l'Étoile du matin de vérité [c'est-à-dire la manifestation], tout homme progressera et se développera jusqu'à ce qu'il parvienne à ce stade où il pourra manifester toutes les forces potentielles dont son être intime et véritable a été doté. C'est à cette fin même que, en tout âge et dans chaque dispensation, les prophètes de Dieu et ses élus ont paru parmi les hommes et ont montré un pouvoir tel qu'il ne pouvait venir que de Dieu, et une puissance telle, que seul l'Éternel pouvait la révéler.
Étant donné que la religion a une dimension sociale, les bahá'ís pensent que se retirer du monde et de tout contact avec la société et avec les autres êtres humains n'est pas normalement nécessaire ni n'aide à la croissance spirituelle (bien qu'un retrait temporaire de temps à autre puisse être légitime et sain). Parce que nous sommes des êtres sociaux, c'est en vivant avec les autres que nous progresserons véritablement. En réalité, une association intime avec les autres dans un esprit d'amour, de service et de coopération est indispensable au processus de la croissance spirituelle.

Bahá'u'lláh a rattaché le dessein que Dieu a désiré pour l'humanité aux deux aspects de la religion, le spirituel et le social :
Dieu, en envoyant aux hommes ses prophètes, a un double objectif. Il se propose d'abord de libérer les enfants des hommes des ténèbres de l'ignorance, de les guider vers la lumière de la vraie compréhension, et d'assurer ensuite la paix et la tranquillité de l'humanité en lui fournissant tous les moyens par lesquels celles-ci peuvent être établies.

En d'autres termes, le développement social de l'humanité, s'il se fait correctement, devrait être l'expression collective de son développement spirituel. Tous les être humains, déclare Bahá'u'lláh, ont été créés pour travailler à l'établissement d'une civilisation en constant progrès. Le Tout-Puissant m'en rend témoignage : il est indigne de l'homme d'agir ainsi que le font les bêtes des champs. Les vertus qui conviennent à sa dignité sont la tolérance, la miséricorde, la compassion et une tendre bonté à l'égard de tous les peuples et de toutes les tribus de la terre.

Nous fournir un terrain d'entraînement, telle est la raison d'être spirituelle de notre vie sur terre ; notre vie est une période de croissance au cours de laquelle nous nous concentrons sur le développement de nos capacités spirituelles et intellectuelles innées. Parce que ces capacités sont des facultés de notre âme immortelle, elles sont éternelles, et nous devons nous efforcer de les développer. De tels efforts valent la peine, car l'âme est la seule partie de nous qui soit durable. Tout ce qui favorise notre développement spirituel est bon, tout ce qui y met un frein, néfaste.

→ Adapté de William S. Hatcher and J. Douglas Martin, LA FOI BAHÁ'Í : L'émergence d'une religion mondiale, (Maison d'Éditions Bahá'íes, Bruxelles, 1997) pp.125-131
→ Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, (Maison d'Éditions Bahá'íes, Bruxelles, 3e Edition, 1990), p. 48.
→ Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, pp. 44-45.
→ Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, pp. 174-175.
→ Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, p. 46.
→ Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, p. 54.
→ Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, p. 141.

 
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